Une expérience européenne pour un vélo libre et sécurisé. Notre sécurité à vélo est une priorité absolue. Face à ce défi, la tentation de la contrainte est grande, et l’idée d’une obligation du port du casque revient régulièrement dans le débat. L’actualité nationale actuelle en est la preuve. Toutefois, les expériences européennes nous incitent à la prudence : rendre le casque obligatoire…
Une expérience européenne pour un vélo libre et sécurisé.
Notre sécurité à vélo est une priorité absolue. Face à ce défi, la tentation de la contrainte est grande, et l’idée d’une obligation du port du casque revient régulièrement dans le débat. L’actualité nationale actuelle en est la preuve. Toutefois, les expériences européennes nous incitent à la prudence : rendre le casque obligatoire est une fausse bonne idée, qui freine l’élan vers l’usage de nos chères biclous et de nos fiers destriers.
Le vélo doit rester synonyme de liberté, de praticité et de simplicité.
Ouvrons un peu nos chakras et regardons autour de nous… et pas forcément vers l’Europe du Nord, peut-être trop souvent citée.
Par exemple, l’histoire récente du Portugal est particulièrement éclairante. En 2017, face à la mobilisation des associations et de plus de 500 objections écrites déposées par des acteurs du tourisme, le gouvernement portugais a courageusement fait marche arrière en abandonnant son projet de loi d’obligation pour les adultes. Les autorités ont compris qu’une telle contrainte administrative et logistique briserait la dynamique du vélo. Et les chiffres leur ont donné raison : en préférant investir dans les infrastructures plutôt que dans la coercition, le Portugal a enregistré au cours de la décennie une baisse remarquable de 43 % de la mortalité chez les cyclistes, prouvant qu’on protège mieux par l’aménagement que par l’interdiction.
À l’inverse, l’exemple de l’Espagne illustre la complexité et les dérives de la sur-réglementation. Après l’imposition du casque hors agglomération, quelle que soit la situation, sous peine d’amendes sévères et malgré une réduction drastique des vitesses de dépassement, la législation a créé une réelle fracture villes-campagne et n’a pas réduit significativement la mortalité pour les collisions sévères… Pour autant, cette situation a eu une conséquence négative importante sur la pratique.
En Italie, c’est précisément le refus d’entrer dans cette rigidité réglementaire pour les adultes qui préserve encore aujourd’hui l’accès populaire et touristique au vélo.
Ce choix de la liberté est aussi celui de pays d’Europe centrale comme la République tchèque ou la Pologne. Ces nations refusent d’imposer le casque aux adultes parce qu’elles mesurent l’impact négatif qu’une telle règle aurait sur l’économie de la cyclo-randonnée.
Ce que l’on sait, en matière de sécurité des usagers :
La sécurité des cyclistes repose d’abord sur la « sécurité par le nombre ». Plus nous sommes nombreux sur les routes, plus les comportements changent et plus la cohabitation devient naturelle.
D’autres actions apportent des bénéfices : la réduction de la vitesse de circulation des véhicules motorisés ; la signalisation ; la communication ; la formation des usagers ; la clarté des itinéraires.
Au delà de l’imposition chez les moins de 12 ans (depuis 2017) et les cyclo-sportifs en clubs, répétons le encore, le casque est un équipement utile dont il faut encourager l’usage par la pédagogie, la communication et le design. mais il ne doit pas devenir un substitut aux aménagements de sécurité et aux manquements d’une politique du transport.
Ce dont les adeptes de la cyclo-randonnée et les cyclistes du quotidien ont besoin, ce ne sont pas de contraintes supplémentaires, mais de voies vertes continues et de pistes cyclables bien séparées de la circulation voire d’itinéraires sur voies requalifiées qui excluent le traffic de transit…
Choisissons la voie de la confiance, de l’incitation et du développement de nos territoires plutôt que celle de l’obligation.
Conclusion
S’il existe une mesure à mettre en place pour sécuriser les cyclistes, ce n’est pas l’obligation du port de casque, qui ne vise qu’à atténuer certains dommages corporels (et à rendre responsables les victimes) mais le financement d’un réseau cyclable sécurisé, confortable, continu, qui vise à éliminer le risque de collision. Seul ce réseau permettra de faire baisser considérablement le nombre de morts et de blessés à vélo.
