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Pentes admissibles pour les véloroutes et voies vertes / Courbe de Balshone

En application du cahier des charges du SN3V, les voies vertes doivent répondre à certaines caractéristiques, dont :

  • déclivité maximum de l’ordre de 3%, sauf exceptionnellement sur de très courtes distances où on peut admettre une déclivité plus forte (pour franchir un obstacle, une écluse par exemple), et dans les zones de montagne.

Pour les véloroutes, il est indiqué :

  • Les véloroutes, lorsqu’elles n’empruntent pas des voies vertes, doivent répondre aux mêmes caractéristiques que les voies vertes en ce qui concerne  la déclivité, le revêtement, les  traversées de voies à grande circulation, le traitement paysager.

Afin d’apporter quelques éléments de réflexions aux aménageurs, et de fournir un outil d’appréciation de la déclivité plus forte, admissible sur de très courtes distances, comme indiqué au cahier des charges du SN3V, voici un résumé de la seule étude connue, et digne de ce nom, menée sur le sujet…

Cet article a été repris d’un document figurant sur le site du réseau Ravel / Wallonie

Pentes / déclivités maximales appréciées par les usagers

Si les usagers sportifs prendront plaisir à défier les pentes les plus redoutables, la plupart des usagers lents, les cyclistes en particulier, s’attendent à pouvoir circuler confortablement, sans devoir déployer des efforts surhumains. Les cyclistes apprécieront de ne pas devoir mettre pied à terre tous les cent mètres. Le succès d’un aménagement dépend aussi de l’adéquation entre les usagers visés et les pentes rencontrées.

1. À vélo

Des tests ont été réalisés aux États-Unis dans les années 1975. Des groupes de cyclistes de capacité variable ont été invités à parcourir des pentes de plus en plus fortes et à donner leur avis sur la difficulté qu’ils ont éprouvée.
Il en est ressorti une série de données, dont la « courbe de Balshone » reproduite ci-dessous. Courbe de Balshone La capacité d’un cycliste de franchir une pente donnée dépend évidemment de facteurs tels que son poids, sa forme physique ou la vitesse du vent. Ce qui explique la présence de trois courbes différentes : maximale, normale, idéale.

Si l’on convertit cette courbe en tableau, on obtient les chiffres ci-après. Pour un public familial sans capacités sportives particulières, on tendra à utiliser comme référence la courbe normale. En cas de contraintes particulièrement limitatives (budget, relief du terrain), on se référera exceptionnellement à la courbe maximale. Pour éviter des critiques défavorables à l’image de l’itinéraire, il conviendra d’avertir l’utilisateur potentiel des difficultés éventuelles, par exemple sur les cartes ou les dépliants.

Tableau pente-largeur  En synthétisant fortement, on pourrait dire que :

  • une pente n’excédant pas 3 % ne pose pas de problème particulier pour la plupart des usagers ;
  • une déclivité de 5 % est acceptable sur quelques dizaines de mètres ;
  • on évitera des pentes excédant 8 %, sauf nécessité et pour de courtes distances ;
  • au-delà de 12 %, on entre dans des déclivités propres aux sportifs entraînés.

De plus, rappelons :

  • qu’une pente difficile à franchir à la montée est (trop) facile à descendre. Une déclivité trop forte peut donc présenter un danger pour l’usager dévalant la pente ;
  • une pente trop marquée (au-delà de 8 %) peut entraîner des problèmes d’érosion avec un revêtement non induré.

Quelques recommandations complémentaires :

  • les pentes courtes et abruptes doivent être précédées d’une surface plane suffisamment longue pour permettre au cycliste de prendre un peu de vitesse avant l’ascension ;
  • un cycliste ralenti par une forte montée a tendance à louvoyer pour maintenir son équilibre ; il est recommandé d’apporter dans ce cas une surlargeur allant de 20 à 50 cm ;
  • une surlargeur importante est à prévoir si la montée est masquée à la vue (par ex. si elle commence juste après une forte courbe) ; à défaut, le cycliste risque d’être surpris, avec les conséquences que l’on peut imaginer en termes de sécurité pour les autres usagers. Un marquage séparant les deux sens de circulation est également recommandé dans ce cas.

2. À pied

Si le marcheur et le randonneur peuvent franchir sans problème des déclivités très marquées, le « piéton », ni spécialement équipé ni particulièrement entraîné, n’appréciera que modérément des pentes excédant 15 %, surtout à la descente. Pour les personnes marchant difficilement, une main-courante, un palier et un banc aux extrémités de la pente représentent des aides précieuses. Signalons aussi l’inconfort, voire le danger, que représentent les pentes humides et glissantes (par suite d’écoulements non contrôlés, de développement de mousses pernicieuses ou d’irrégularités du sol dues à l’érosion). Sans parler, bien entendu, de la neige et du verglas, mais qui ressortissent, elles, de l’entretien plutôt que de l’aménagement. 

3. En chaise roulante

 pente-longueur max Le Code wallon de l’Aménagement du Territoire (CWATUP), même s’il ne concerne que les trottoirs et l’accès aux bâtiments, précise, en son article 415/1

  • la pente transversale, ou dévers, est de 2 % maximum (voir aussi CWATUP, art. 415/16).
  • lorsque la pente longitudinale est nécessaire, elle ne devra pas excéder les valeurs indiquées dans le tableau ci-contre (à partir de 7 % ces valeurs sont « exceptionnellement tolérées »).
  • une bordure de 5 cm de haut est prévue au sol, sur toute la longueur de la rampe, du côté du vide ;
  • aux extrémités de ces pentes, un palier de repos horizontal pourvu d’une aire de manœuvre de 1,5 m est obligatoire ;
  • une main-courante double à 75 cm et à 90 cm du sol est prévue de part et d’autre du plan incliné et du palier de repos. Les gestionnaires des itinéraires pour usagers non motorisés devront sans doute adapter aux tracés extérieurs ces recommandations qui, rappelons-le, sont conçues pour les trottoirs et l’accès aux bâtiments. Elles n’en représentent pas moins une référence utile.

En France, c’est la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées qui a introduit un certain nombre de prescriptions en matière d’accessibilité de l’espace urbain, déclinées dans le décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l’accessibilité de la voirie et des espaces publics. Il y est notamment indiqué :

  • Lorsqu’une pente est nécessaire pour franchir une dénivellation, elle est inférieure à 5 %. Lorsqu’elle dépasse 4 %, un palier de repos est aménagé en haut et en bas de chaque plan incliné et tous les 10 mètres en cheminement continu. Un garde-corps permettant de prendre appui est obligatoire le long de toute rupture de niveau de plus de 0,40 mètre de hauteur. En cas d’impossibilité technique, due notamment à la topographie et à la disposition des constructions existantes, une pente de cheminement supérieure à 5 % est tolérée. Cette pente peut aller jusqu’à 8 % sur une longueur inférieure ou égale à 2 mètres et jusqu’à 12 % sur une longueur inférieure ou égale à 0,50 mètre.
  • En cheminement courant, le dévers est inférieur ou égal à 2 %.
  • La largeur minimale du cheminement est de 1,40 m libre de mobilier ou de tout autre obstacle éventuel. Cette largeur peut toutefois être réduite à 1,20 m en l’absence de mur ou d’obstacle de part et d’autre du cheminement. »